Arte met 80 % de ses contenus sur d’autres plateformes. M6+ en retient 96 % en exclusivité. Deux stratégies opposées, un même enjeu : comment maximiser la valeur du contenu hors de ses propres murs ?
6.1 – Les chaînes FAST des broadcasters
Les diffuseurs français et européens lancent des chaînes FAST sur les plateformes tierces : France Télévisions sur Samsung TV Plus, TF1 sur Pluto TV, France 24 sur Rakuten TV. C’est un canal de distribution supplémentaire, à coût marginal faible, qui permet de monétiser des catalogues existants et de toucher des audiences qui ne viennent pas sur l’app propriétaire du diffuseur.
6.2 – La syndication de contenu
Au-delà du FAST, la syndication de contenu prend plusieurs formes : mise à disposition de programmes sur YouTube (chaînes officielles), présence dans les catalogues d’agrégateurs (Amazon Channels, Apple TV), et distribution via les interfaces des FAI. Le risque : la désintermédiation. Si le public accède au contenu via YouTube ou Samsung TV Plus, il ne connaît plus la marque du diffuseur d’origine.
6.3 – Le dilemme exclusivité vs visibilité
Les données 2025 révèlent trois modèles distincts : Arte disperse ses contenus sur d’autres BVoD (80 % de titres partagés), maximisant la visibilité au détriment du contrôle ; M6+ retient 96 % de ses titres en exclusivité, maximisant la rétention ; TF1+ adopte une position intermédiaire (35 % partagés). Le bon arbitrage dépend du modèle économique (service public vs commercial), de la force de la marque, et de la capacité à monétiser le trafic sur sa propre plateforme.
La présence sur les plateformes tierces est un levier de distribution indispensable – mais elle pose un risque de désintermédiation. L’enjeu est de rester maître de sa marque et de sa relation avec le public, même quand le contenu est consommé ailleurs.
