TF1+ touche 14 millions de 15-34 ans par mois. Les jeunes regardent plus de vidéo que jamais (5h21/jour pour les 15-24 ans). Mais pas sur les mêmes supports, ni dans les mêmes formats.
5.1 – Les labels jeunes : bilan
Plusieurs broadcasters ont lancé des labels dédiés aux jeunes audiences : Slash (France Télévisions), Funk (ARD/ZDF en Allemagne), Kioski (Yle en Finlande). Le bilan est mitigé : ces marques ont permis de tester des formats et d’incuber des talents, mais elles restent marginales en audience par rapport aux plateformes sociales. Slash a réussi à créer des séries qui remontent en antenne (Skam France), mais la découverte se fait d’abord sur les réseaux sociaux.
5.2 – La vraie stratégie jeunes : la présence native
La reconquête des jeunes passe par la présence native sur les plateformes où ils sont : TikTok, YouTube, Instagram, Twitch. Pas en recyclant des contenus antenne, mais en créant des formats natifs pour chaque plateforme.
- France.tv sur TikTok : extraits éditorialisés de documentaires, moments viraux de talk-shows, hooks de 3 secondes.
- BBC sur YouTube : chaîne dédiée avec des millions d’abonnés, formats natifs longs.
- Co-diffusion France.tv/Twitch : le GP Explorer (Squeezie) co-diffusé avec des audiences similaires sur les deux supports.
5.3 – Du social graph à l’interest graph
L’évolution fondamentale des réseaux sociaux : on est passé du « social graph » (le contenu est poussé en fonction de qui vous suivez) à l’« interest graph » (le contenu est poussé en fonction de ce que vous regardez). TikTok a imposé ce modèle ; Instagram et YouTube l’ont adopté. Conséquence pour les diffuseurs : un contenu bien formaté peut toucher des millions de personnes sans base d’abonnés préalable. La qualité du format compte plus que la taille de la communauté.
La stratégie jeunes ne peut plus être un « label » en silo. Elle doit être une compétence transversale : formats natifs par plateforme, hooks efficaces, entonnoir vers le long, présence là où l’audience est déjà.
